
Il me parle de
sa vie depuis... quoi, trois jours? Et si on sait que son cerveau
est inversement proportionnel à mon ennui...
Je me suis déjà demandé ce qu'il serait sans ses lunettes de marque
pour cacher ses yeux porcins... Probablement le même, avec son même
humour paysan-je-m'assume et portant toujours autant
d'intérêt aux postérieurs... Mais là je suis méchant, après
tout, si ce n'était pour mon derrière, je serais probablement chez
moi avec une canette de carapils. Sans façon.
"...Tu sais, Louis, tu nous as manqué la semaine passée, un truc de
taré, je te jure... Il y avait Dave, ça lui aurait fait plaisir de
te voir..."
Je ne sais pas si je dois me réjouir, parce que je ne sais pas qui
est Dave.

Je cesse un
moment d'écouter le flot de paroles d'Ethan et laisse le brandy se
propager gentiment dans mes veines. C'est bien mignon de ma part,
de clamer que j'évite au possible ces pauvres petits fils riches,
mais l'alcool est bon. Peut-être que je devrais venir plus souvent?
Mmh...
Oups. Visiblement j'ai loupé un épisode clé: Ethan a l'air chafouin
et les doigts qui se tendent discrètement vers moi. Comme je sors
de ma transe, je me rend compte que je suis pratiquement sur ses
genoux. Je raye mentalement l'idée de venir plus souvent de ma
tête.
Je me lève précipitamment, dans un mélange de bras et de jambes;
mais comment a-t-il fait pour emmêler nos membres sans que je ne me
doute de rien? Je me remet en question dès demain, parce que là, il
s'est levé à ma suite et n'a pas du tout, mais pas du tout l'air
content.
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