#9  posté le mercredi 08 octobre 2008 19:35

-...mais, visiblement, j'ai insulté la maman du bon Dieu, parce que la remontée fulgurante, je l'attend toujours. Des jours avec et des jours sans, tu parles. Mais je serais ravi d'avoir des jours sans, rien que pour un avec!...

Louis et mes nerfs. Je crois que les deux ne vont pas ensemble. Voilà, c'est ça. Le type de gars qui me donne envie de vomir, de lancer une troupe de gnous sauvages dessus et j'en passe. La race bien présente des "je me plains, je gémis, le destin est contre moiiii".

-...mais et toi, Camille, comment se fait-il que tu sois dans la même situation que moi?

Ses yeux de cocker mouillés m'insupportent. Je décide d'enfoncer le clou.

-Moi? Mais je n'ai pas échoué une seule fois. Là, comme tu m'as trouvé,  je venais de refuser la solution de facilité. Je vais me débrouiller tout seul, j'adore les défis.

Il n'aurait pas été plus étonné si j'avais annoncé que je venais en paix de mars pour lui serrer la main. Visiblement, les concepts comme la fierté et l'amour du risque lui sont plutôt abstraits. Je retire un certain plaisir de son incompréhension. Il n'a été en contact qu'avec de la pitié. Apparemment, on ne lui a jamais parlé méchamment. Je me charge de lui forger le caractère.

-Tu sais, Louis, dis-je, le singeant, si tu restes là à te plaindre sur ton petit sort, les choses ne vont jamais changer. Réagis! C'est pas parce que tu ressembles autant à un homme que ma grand-mère que ça te donne le droit d'être une larve.

J'ai envie qu'il pleure pour de bon.

Pendant un moment, son visage reste sans émotion. Je suis proche du but. Qu'il, est bon de savoir qu'on a toujours du pouvoir sur la populace!

-T'as raison Cam'!...

Pardon? Et de quel droit il m'appelle Cam'?

-...Je vais me reprendre! Tu habites juste là, c'est ça? Je viendrai te voir, tu as vraiment un don! Tu m'as compètement remotivé!

Sur ce, il me colle un bisou sur la joue (?), m'étreint amicalement (??) et s'en va avec un grand sourire.

Il y a quelque chose que je n'ai pas compris. Mais quoi?

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#10 (oo-lah!)  posté le mercredi 15 octobre 2008 16:47


Je ne me torture pas l'esprit. De toute évidence, si je ne comprend pas ce qu'il se passe, c'est que ce type est un taré dénué de toute logique. (C'était quoi son nom d'ailleurs?)
Et puisque je ne fais pas partie du personnel soignant d'un asile psychiatrique, la santé mentale de machin, c'est pas mon problème. J'ai autre chose à faire. Problème reglé.

En parlant d'occupations interessantes, je viens d'en trouver une géniale pour remplir cette belle journée: je vais faire une liste alphabétique et détaillée des objets laids qui meublent mon chez-moi (autant dire tous) et ensuite la donner à Micky pour la rendre coupable.

Le baume au coeur, je me dirige vers mon dépotoir. Il n'y a que quelques mètres entre le banc où je me trouvais et mon celui-ci, dix-quinze. Maximum vingt. Et donc, très peu de chance d'avoir des ennuis. Juste?

Dans la vraie vie, oui. A Camille-land, que dalle.




Au moment où je tourne gentillement et innocemment le coin, une silhouette foncée se dresse soudain devant moi. C'est la journée mondiale de l'amitié "voisinale" ou un truc dans ce genre-là? C'est une marque de sympathie, en fait, si des gens de plus en plus bizarres se jettent en travers de mon chemin?

Au ton froid de la jeune femme (qui vient de sortir  d'une camionnette blanche très laide), je déduis que je me suis trompé. Elle a l'air aigrie au possible: je ne l'ai même pas encore insultée que les traits aristocratiques de son visages sont déjà plissés en une moue dédaigneuse. D'accooord...

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#11  posté le mercredi 15 octobre 2008 17:17


"Vous pourriez vous écarter?" me dit-elle.

Mais oui, bien sûr. J'ai toujours eu une nature de chien fidèle au fond de moi. J'adore qu'on me parle méchamment et qu'on me donne des ordres. Bien entendu! Je vais faire un effort physique inutile pour que madame puisse passer. A quatre pattes et la langue pendante. Ou pas.

"La dernière fois que j'ai vérifié, je n'étais pas un esclave. Désolé, mais il va falloir contenir vos tendances dominatrices et me contourner."

D'accord, c'est mesquin. Je ne vous l'ai pas dit? Je SUIS mesquin.

La jeune femme a l'air aussi vexée par ma remarque que si... euh.. en fait rien du tout. Elle n'est pas vexée. Peut-être que j'ai parlé avec des mots trop compliqués pour qu'elle me comprenne? Elle sourit assez bêtement pour que ce soit une possibilité.

"Je ne ferai pas de détour, répond le glaçon, je pense avoir assez vécu pour avoir plus de droit qu'un enfant."





Très drôle. Je la tue?

Je suis trop jeune pour aller en prison. Même si la chose est tentante, je m'abstiens et ne fais que l'insulter:

"Je comprend que votre grand âge, sûrement accompagné de son lot de rhumatismes, varices et problèmes de dos puissent amener le peuple à vous donner une place dans le bus, mais, ici nous ne sommes ni dans le bus, ni à l'hospice. Laissez-moi passer."

Et prend-toi ça dans les dents de devant!

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#12  posté le vendredi 17 octobre 2008 19:03


"Certainement, me répond-t-elle, méprisante pour changer, mais vous ne voulez pas que j'appelle votre maman? Elle doit sûrement  s'inquiéter. D'ailleurs je la trouve un peu irresponsable, on ne laisse pas son enfant chéri à une heure aussi tardive. Il doit bien être quatre heure, je me trompe?"

"Je vous retourne la question, il doit bien y avoir une infirmière qui s'occupe de vous... La vie doit être beaucoup plus dure avec prothèses... Ah mais non! Je suis bête, ce sont vos vraies jambes!

J'utilise exprès un langage soutenu, une manière de la battre sur son propre terrain de nana aussi coincée que bcbg, je suppose. Et accessoirement elle m'énerve tellement que j'ai envie de la rabaisser en beauté.


"Un petit garçon bien élevé ne devrait pas parler de cette manière, vous n'avez donc reçu aucune éducation? A moins que vous soyez né dans le quartier... Vous retournez à vos racines?"

"On n'a pas tous la chance d'être une parvenue, n'est-ce pas?"

Un silence me répond. Je l'ai eue? C'était méchant mais je l'ai eue. Je devrais me sentir coupable. Enfin je crois que le peuple se sentirait coupable, pas moi.



Elle recompose son visage... Enfin presque. Une nouvelle version : les deux coins de la bouche à peine retroussés, le regard bien fixé dans celui de l'adversaire et parfaitement stoïque. Si j'étais dans une série B, elle s'exclamerait "tou est morté!" avant de sortir une arme et de me descendre. Elle croit m'impressionner? C'est réussi, mais plutôt danser à poil en chantant "Micky est une bonasse" plutôt que de lui montrer. Je ne vous l'ai jamais dit mais mule bornée ascendant ultraman est mon deuxième prénom.

"Je ne vois pas pourquoi je me fatigue à discuter. De toutes évidences, j'ai une meilleure position, un meilleur job et j'en passe. Et aucune de vos petites remarques n'y changeront quoi que ce soit. Paour la société, vous n'êtes rien par rapport à moi."

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#13  posté le vendredi 17 octobre 2008 19:53


"Excuse-moi?"

Le mot m'a échappé. Le tutoiement est délibéré.

"Je me permet de dire tu? Ça te dérange pas? Génial!"

Je respire un grand coup et me lance:

"Bien sûr que sur la grrrande échelle sociale tu es plus haut que moi, magnifique, grandiose. Voilà qui doit remplir ton existence de joie chaque seconde qui passe. Mais on est là, toi et moi, je suis ce moins-que-rien, c'est bien ça que tu as sous-entendu? et toi tu es cette femme admirable qui mérite tellement plus que la merde de pigeon que je suis. Flagrante ta supériorité, parce que si mes souvenirs sont bons, je ne me suis pas écarté au premier mot de sa majesté, j'aurais dû. Et ton si merveilleux job aurait dû te conférer des super-pouvoirs, dont celui d'écarter les pauvres, je crois... Si tu veux être méprisante et bon chic bon genre, libre à toi, choisis le politiquement correct comme façon de vivre et sois-le. Histoire de mériter ta réputation, à défaut du respect..."

Ouaip. Pour les grands discours inspirés je crains rien. Ni personne.


Elle se marre.

Cette p... jeune femme se marre.

Je viens de lui sortir un discours made-by-Camille qui déchire et ça la fait rire?

Il y a un piège, en fait, c'est caméra cachée... enfin j'espère...

"Décidément, rigole-t-elle, vous n'avez pas la langue dans votre poche!"

Elle marque une pause et me sourit gentiment. Oui, oui, vous avez bien lu, gentiment. G-E-N-T-I-M-E-N-T.

Parce qu'en plus elle est schizophrène.

 

(Je continue demain, parce que là, mon cerveau est MORT!  (pour ne pas dire enfui...)

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