
Finalement,
mon tour arrive. Alana (oui, j'ai nommé ma voisine blonde Alana la
toundra), a passé trois bons quarts d'heure à parler de sa
spécialité: les distributeur de préservatifs. Comme quoi.
Je m'assied en souriant sur un siège blanc (encore!), essayant de
donner une impression de bonne humeur et de motivation. Je suis un
acteur formidable. Monsieur Faurrhe, c'est comme ça que s'appelle
mon vis-à-vis, l'éleveur de pigeons fous a vendu la mèche tout à
l'heure. Je crois que je l'appelerai calvitie naissante, à cause
des cheveux qui lui manquent sur les côtés et qu'il essaye assez
pitoyablement de cacher sous trois tonnes de gels, ou est-ce de la
graisse de phoque? Je suis coupé dans mes pensées par la voix de
calv... du respectable monsieur Faurrhe:
-Bonjour monsieur..., monsieur?
-Monsieur Green, enchanté.
J'en vois un seul qui rit, je l'assomme. La seule chose qui m'a
permi de survivre toutes ces années, c'est le calvaire de ma
sœur. "Eh! Micky Green! Tu chantes?" Rien que le souvenir me
met de bonne humeur.
-Eh bien, monsieur Green, que recherchez-vous comme emploi.
Plusieurs mots me viennent spontanément à l'esprit. "Pas fatigant,
"paye bien" et "pas loin de chez moi"(quoique, là, j'hésite). Mais
ça ne ferrait pas sérieux. Je prend donc ma voix la plus sensuelle
et répond:
-Oh! Vous avez, je ne suis pas difficile!
Le visage de Faurrhe se fige. Bon signe...?
-Oh vous les paresseux! J'en ai ma claque...
Pas bon signe.
-...vous vous attendez à ce que tout vous tombe dans la bouche
simplement en faisant le déplacement!

C'est vrai
mais je suis outré quand même.
-Mais ce n'est pas comme ça qu'on réussit! Non, monsieur! Ce
n'est pas en mettant une veste... fantaisiste pour un entretien
crucial qu'on devient Quelqu'un! Il faut se battre, vous
m'entendez? Se battre!
Evidemment, le fou du service, c'est pour ma pomme. Le contraire
m'aurait étonné. Je sais bien que je ferais mieux de le laisser
s'énerver et d'essayer de le raisonner ensuite, mais il m'a
rabaissé plus bas que terre! Il a inqulté mon amour propre et ma
dignité: ma garde robe!
-Très bien!, je hurle, tant pis! Je me débrouillerai tout seul!
Vous le regretterez quand je serai millionaire et que je refuserai
de vous donner même un sou!
Et je me retrouve, sans vraiment tout comprendre, dehors et
toujours sans travail.
-Eh merde...
-Ça, tu l'as dit..., soupire une jolie voix à côté de
moi.
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